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title: "82 STS par jour au Golfe du Kutch: la logistique énergétique se déplace vers l’ouest"
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# 82 STS par jour au Golfe du Kutch: la logistique énergétique se déplace vers l’ouest

## Content

## La dérive géographique de la congestion

Le golfe du Kutch, une vaste baie sur la côte ouest de l’Inde qui donne sur la mer d’Arabie, a enregistré un pic opérationnel sans précédent en septembre 2026. Selon les données de suivi des navires de Vortexa, citées par The National, 82 transferts Ship-to-Ship (STS) ont été effectués dans cette zone, représentant un volume total d’environ 680 000 barils par jour. Ce volume ne représente pas une activité marginale ou expérimentale : il indique une saturation structurelle des corridors maritimes traditionnels à travers le détroit d’Ormuz.

La congestion dans le détroit d’Ormuz, un goulot d’étranglement historique pour le commerce énergétique mondial, a contraint les producteurs du golfe Persique à étendre leurs opérations de transbordement en haute mer vers l’ouest. Le transfert de charges sur des navires plus grands directement dans le golfe du Kutch sert de soupape de sécurité, mais met en évidence une capacité d’absorption des flux qui se rapproche de sa limite physique. La logistique énergétique n’est plus seulement une question de disponibilité des marchandises, mais d’espace opérationnel dans les routes maritimes.

Cette expansion géographique du phénomène STS révèle une contrainte systémique : la flexibilité des chaînes d’approvisionnement énergétiques est limitée par la densité du trafic naval. Lorsque les principaux passages stratégiques deviennent ingérables, le frottement se déplace vers les périphéries des routes établies, créant de nouveaux points critiques qui nécessitent des infrastructures et des réglementations spécifiques.

## La fragilité infrastructurelle de Karachi

Pour le Pakistan, cette dynamique géographique se traduit par un risque énergétique concret et immédiat. Le pays dépend fortement des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar pour satisfaire la demande domestique et industrielle, en particulier pendant les mois d’hiver lorsque la demande de chauffage et de production d’électricité augmente. Masood Nabi, PDG de Pakistan LNG Limited (PLL), a déclaré au WPC Energy Congress à Riyad que l’hiver 2026-27 sera difficile, non par manque de gaz disponible sur le marché mondial, mais en raison des interruptions sévères du transit par le détroit d’Ormuz.

La situation opérationnelle dans les terminaux pakistanais est critique. Le terminal d’Engro a repris la regazéification seulement le 14 octobre 2026, après avoir été fermé depuis le 26 septembre en raison du manque de navires. Le navire Al-Areesh, arrivé du Qatar, a commencé à injecter 150 millions de pieds cubes par jour (mmcfd) de gaz dans le réseau national. Parallèlement, le deuxième terminal, géré par Pakistan GasPort Limited (PGPL), est hors service depuis le 9 octobre en raison d’un stock insuffisant de GNL.

Le fossé entre la capacité théorique et opérationnelle est évident. Le Pakistan a besoin de 24 chargements de GNL pour couvrir les besoins hivernaux, mais à mi-octobre, il n’en a reçu qu’un. Les autorités cherchent à acquérir des chargements supplémentaires du Qatar avec l’aide de fonctionnaires iraniens et américains, mais il est prévu que seulement deux chargements arrivent au cours du mois en cours, confirmant la difficulté d’assurer des flux réguliers dans un contexte de congestion maritime généralisée.

## Le paradoxe de la disponibilité

Il existe une contradiction apparente entre l’abondance de gaz sur le marché mondial et la pénurie perçue à Karachi. Le Qatar, principal fournisseur du Pakistan, dispose d’une capacité d’exportation significative. Cependant, la géographie physique impose que le gaz doive traverser le détroit d’Ormuz pour atteindre les côtes pakistanaises. La congestion dans ce détroit n’est pas un événement temporaire, mais une condition structurelle alimentée par des tensions géopolitiques et la densité du trafic commercial.

La solution logique serait de dévier les routes ou d’utiliser des couloirs alternatifs, mais l’infrastructure maritime régionale n’offre pas d’alternatives pratiques. Les navires GNL doivent suivre des itinéraires spécifiques pour des raisons de sécurité et d’efficacité, et la congestion dans le détroit crée un effet domino qui se propage jusqu’aux côtes du Pakistan. Le transfert STS dans le golfe du Kutch est une réponse opérationnelle au manque de capacité de transit direct, mais n’élimine pas le risque de retards et d’interruptions.

La narration publique se concentre souvent sur la disponibilité des ressources énergétiques, négligeant la complexité de leur distribution physique. Le problème du Pakistan n’est pas seulement économique ou contractuel, mais infrastructurel et logistique. La capacité à importer du GNL dépend de la fluidité des routes maritimes, qui sont elles-mêmes contraintes par des facteurs géopolitiques et physiques hors du contrôle direct des consommateurs finaux.

## Implications pour la résilience énergétique

La configuration actuelle de la chaîne d’approvisionnement énergétique du Pakistan met en évidence une vulnérabilité structurelle. La dépendance à un seul corridor maritime critique, le détroit d’Ormuz, expose le pays à des risques systémiques qui ne peuvent être atténués simplement en augmentant les stocks ou en diversifiant les fournisseurs sans résoudre le goulot d’étranglement logistique.

La congestion dans le golfe de Kutch et la fermeture intermittente des terminaux pakistanais sont des symptômes d’un système énergétique mondial de plus en plus congestionné. La résilience énergétique ne peut être garantie uniquement par la disponibilité financière pour acheter du GNL, mais nécessite des investissements dans des infrastructures alternatives, des itinéraires diversifiés et une capacité de stockage stratégique qui puissent absorber les chocs des interruptions logistiques.

Le fossé entre le discours sur la sécurité énergétique basé sur les contrats et la réalité physique du transit maritime se creuse. Sans interventions structurelles sur la logistique mondiale, les risques hivernaux pour le Pakistan et d’autres pays dépendants des routes du golfe Persique resteront élevés, quelle que soit la capacité d’achat sur le marché spot.

*Photo de [Fejuz](https://unsplash.com/@fejuz) sur Unsplash
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* [Vérification sur Google : volume de transferts STS dans le golfe du Kutch](https://www.google.com/search?q=trasferimenti+Ship-to-Ship+Golfo+del+Kutch+settembre+2026)

* [Vérification sur Bing : saturation du détroit d’Ormuz](https://www.bing.com/search?q=congestione+Stretto+di+Hormuz+settembre+2026)

* [Vérification sur Yandex : fonctionnement des terminaux GNL au Pakistan](https://yandex.com/search/?text=terminali+LNG+Pakistan+settembre+2026)

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