
Anomalie géoeconomiques brésiliennes : Dissonance structurelle entre l’agribusiness primaire et la stagnation macroéconomique dans le conflit USA-Chine
L’analyse de l’économie brésilienne pour 2025-2026 met en évidence un paradoxe structurel qui défie les théories économiques conventionnelles, positionnant le Brésil comme un cas d’étude unique dans la géoeconomie contemporaine. On observe une divergence croissante entre le secteur primaire-exportateur, caractérisé par des records historiques de productivité et de rentabilité, et l’appareil macroéconomique interne qui enregistre une croissance étouffée, des taux d’intérêt réels élevés et un processus de déindustrialisation insensible aux stimuli monétaires.
Cette dichotomie n’est pas un phénomène endogène isolé, mais s’inscrit indissociablement dans la compétition hégémonique entre les États-Unis et la Chine. Le Brésil se trouve sur le champ de bataille pour le contrôle des chaînes d’approvisionnement alimentaires, énergétiques et technologiques. D’un côté, la Chine consolide son rôle de partenaire commercial indispensable par l’achat massif de matières premières, garantissant la viabilité du solde des paiements brésilien. De l’autre, les États-Unis exercent une pression multidimensionnelle à travers des tarifs punitifs et des enquêtes commerciales pour limiter l’autonomie stratégique de Brasilia au sein du bloc BRICS.
Analyse du secteur agroalimentaire brésilien et ses risques structurels
Le secteur agroalimentaire brésilien a clôturé 2025 en affirmant son statut de « pilier de salut » pour l’économie nationale, atteignant une valeur d’exportations de 169,2 milliards de dollars, avec une augmentation de 3,0 % par rapport aux 164,3 milliards de dollars de 2024. Ce résultat est particulièrement significatif lorsqu’il est mis en contexte dans un environnement de légère baisse des prix internationaux des matières premières (-0,6 %), avec une croissance tirée par une expansion robuste des volumes d’exportations (+3,6 %). Malgré l’efficacité démontrée, cela souligne un risque dangereusement concentré sur les exportations primaires.
Dynamiques sectorielles et records de production
La performance de 2025 a été alimentée par une récolte sans précédent de céréales qui a atteint 352,2 millions de tonnes, marquant un bond de 17 % par rapport au cycle précédent. La soja reste le pilier fondamental de cette structure, avec 108,2 millions de tonnes exportées à l’étranger pour une valeur de 43,5 milliards de dollars. Cependant, la véritable dynamique a été démontrée par les protéines animales. Les exportations de viande bovine ont enregistré une augmentation de 39,9 % en valeur, atteignant 17,9 milliards de dollars, soutenues par l’ouverture de onze nouveaux marchés internationaux. Le secteur du café et l’industrie porcine ont également enregistré une croissance à double chiffre, avec le café qui a bénéficié de prix historiquement élevés, générant des revenus pour 16 milliards de dollars (+30,3 %).
| Secteur des matières premières | Exportations totales 2025 (milliards USD) | Croissance % valeur (Y/Y) | Volume d’exportation (Variation %) |
| Agribusiness total | $169,2 | +3,0% | +3,6% |
| Complexe soja | $43,5 | +1,4% | +9,5% |
| Viande bovine | $17,9 | +39,9% | +20,4% |
| Café | $16,0 | +30,3% | NA |
| Porc | NA | +19,6% | +12,5% |
| Fruits | NA | +12,8% | +19,7% |
La diversification des marchés est devenue une priorité stratégique pour atténuer les risques liés à la volatilité des prix et aux barrières tarifaires. En 2025, le Brésil a atteint un record de 525 nouveaux marchés ouverts depuis 2023, y compris des produits non traditionnels tels que le sésame destiné à la Chine et les légumineuses. Cette expansion n’est pas seulement commerciale, mais reflète également une amélioration de la qualité de la production où l’adoption de pratiques durables et de technologies avancées a permis de maintenir les excédents sans compromettre l’approvisionnement interne, contribuant à la stabilité des prix.
Innovation technologique et frontières productives
Le secteur agroalimentaire brésilien n’est plus une industrie purement extractive, mais un écosystème à haute intensité technologique. L’intégration de l’intelligence artificielle (IA) et des biotechnologies transforme les zones rurales en laboratoires à ciel ouvert. D’ici 2025, l’adoption de l’IA dans les pratiques agricoles devrait augmenter la productivité jusqu’à 20 %. L’utilisation de capteurs IoT, d’images satellites et d’algorithmes d’apprentissage automatique permet un suivi précis de la santé des plantes et une gestion optimisée de l’utilisation de produits chimiques et d’eau, réduisant l’impact environnemental et améliorant les marges opérationnelles.
| Secteur agricole | Rendement estimé pré-2025 (t/ha) | Rendement estimé 2025 (t/ha) | Technologies clés en usage |
| Soja | 3,2 | 4,0 | CRISPR, Drones de précision, IA satellitaire |
| Maïs | 5,5 | 7,0 | Semailles biotechnologiques, capteurs IoT, analyse de données |
| Canne à sucre | 80,0 | 98,0 | Variétés génétiquement modifiées, télédétection |
| Bovins de viande | 1,57 | 2,1 | Traçabilité IA, génomique, alimentation précise |
Les biotechnologies jouent un rôle crucial dans le développement de variétés résistantes au climat et aux parasites, avec pour objectif de réduire l’utilisation de pesticides de 30 % d’ici la fin de 2025. Cet élan technologique crée cependant une nouvelle disjonction : alors que l’agriculture « intelligente » se rapproche des standards des pays développés, le reste du tissu industriel national peine à suivre, restant piégé dans une faible intensité d’innovation.
Analyse du risque macroéconomique et de la morsure fiscale au Brésil
Face à un secteur extérieur qui produit des excédents commerciaux imposants (l’excédent de l’agribusiness a atteint 149,07 milliards de dollars en 2025), la réalité macroéconomique interne brésilienne apparaît paradoxalement fragile. La croissance du PIB pour 2025 est prévue autour de 2,2 %, en ralentissement par rapport aux 3,2 % des trois années précédentes, avec des projections encore plus pessimistes pour 2026 (1,6 %).
Impact du taux Selic et de la volatilité inflationniste
Le taux Selic est resté bloqué à 15 % pour une grande partie de 2025, reflétant une attitude prudente de la Banque Centrale face à une inflation qui, bien que légèrement améliorée, reste proche du plafond cible de 4,5 %. Le taux d’intérêt réel ex-ante, situé autour de 11 %, est parmi les plus élevés au monde, créant un différentiel d’environ 11 points de pourcentage par rapport aux taux américains. Si d’un côté ce différentiel attire des flux de capitaux qui stabilisent temporairement la devise, de l’autre il étouffe la consommation privée et les investissements productifs.
La convergence de l’inflation vers le centre cible de 3 % semble improbable à court terme sans un assainissement budgétaire plus décisif ou une récession économique encore plus marquée. Les attentes d’inflation pour la fin de 2025 se sont stabilisées à 4,4 %, indiquant que la « stickiness » des prix reste un problème structurel. La dette publique, au 78,6 % du PIB en octobre 2025, limite encore davantage l’espace de manœuvre du gouvernement pour les politiques d’incitation.
Ralentissement de la demande interne et impact sur les finances
Les données officielles révisées ont montré que le ralentissement économique commencé à mi-2024 a été plus profond que prévu, avec des baisses significatives dans la consommation des ménages et les investissements fixes. Cette situation est aggravée par l’incertitude liée aux prochaines élections de 2026, qui tendent à augmenter le risque premium et à décourager les projets à long terme. Alors que l’agribusiness bénéficie de financements facilités via le Plan Safra (400 milliards de réais pour la campagne 2024/25), le reste de l’économie doit faire face à des coûts de financement prohibitifs, creusant encore le fossé entre les deux mondes.
Échec des modèles traditionnels : Analyse de la dé-industrialisation précoce du Brésil
L’industrie manufacturière brésilienne a subi une décroissance multidecennale qui s’est accentuée en 2022, lorsque la part de l’industrie dans le PIB à prix constants est tombée à 9,8 % d’un maximum de 15,7 % atteint en 1995, soulignant une contraction de 38 %. Ce processus de dé-industrialisation ne s’explique pas uniquement par la maladie hollandaise ou des phénomènes naturellement liés à la croissance du revenu pro capite.
Analyse des dynamiques historiques et tendances résiduelles
Les études économétriques montrent que les variations du taux de change réel (RER) auraient dû favoriser une re-industrialisation, étant donné que le Réal a subi un dépréciement substantiel à long terme. De plus, l’augmentation du PIB pro capite aurait dû augmenter la part manufacturière selon les modèles historiques. Cependant, le Brésil a commencé à se déindustrialiser à un niveau de revenu très bas (environ 6955 dollars internationaux de 1990), confirmant une nature précoce du processus.
Le résiduel temporel lourd pour 92 % sur la chute de la part industrielle cache une perte chronique de compétitivité systémique due à :
- Custo Brasil : L’inefficacité logistique, la complexité bureaucratique et un système fiscal punitif ajoutent entre 44 et 52 milliards de dollars de coûts opérationnels annuels aux entreprises.
- Productivité stagnante : Le fossé de productivité entre le travail dans l’industrie et le reste de l’économie s’est élargi, rendant l’industrie brésilienne incapable de concurrencer les chaînes de valeur mondiales.
- Bas investissements en R&D : Avec une dépense pour l’innovation fixée à 1,19 % du PIB, le Brésil est loin de la frontière technologique nécessaire pour l’industrie moderne.
En 2025, les conditions de la manufacture se sont encore dégradées en raison du recul de la confiance des clients et de l’impact des politiques tarifaires américaines qui ont touché les ventes vers les États-Unis alors que d’autres marchés émergents montraient des signes de résilience.
Analyse de la triangulation géopolitique Brésil-USA-Chine
La position géopolitique du Brésil en 2025 est définie par le besoin d’équilibrer les pressions opposées de Washington et Pékin. Le pays a adopté une doctrine d’Alignement Actif Non (ANA), cherchant à préserver l’autonomie nationale en refusant de s’allier définitivement.
Impact de la deuxième administration Trump
L’arrivée de la deuxième administration Trump a marqué un point de rupture dans les relations bilatérales, transformant ce qui était une alliance asymétrique en une collision frontale. La politique commerciale américaine de 2025 s’est caractérisée par une attaque frontale à travers des tarifs et des enquêtes légales :
- Tarifs de 50 % : En juillet 2025, Trump a imposé des droits de douane de 50 % sur tous les biens brésiliens, citant la nécessité de corriger un déficit commercial supposé et critiquant les décisions judiciaires brésiliennes concernant Jair Bolsonaro.
- Enquête Section 301 : L’USTR a lancé une enquête sur huit fronts, incluant des pratiques relatives au commerce numérique, le système de paiement instantané Pix, la protection de la propriété intellectuelle et la déforestation illégale.
- Réponse contre les BRICS : Une menace d’imposition de droits de douane de 100 % sur les pays qui tentent de remplacer le dollar dans les échanges internationaux, une mise en garde directe à la direction brésilienne au sein du bloc.
| Zone d’enquête (Section 301) | Sommaire de la contestation américaine | Implication pour le Brésil |
| Commerce numérique et Pix | Le système Pix, géré par la Banque Centrale, discriminerait les concurrents internationaux. | Menace sur la souveraineté digitale et l’infrastructure financière nationale. |
| Déforestation illégale | L’expansion agricole non réglementée nuirait à la compétitivité des agriculteurs américains. | Possibilité d’utilisation de barrières environnementales comme levier protectionniste. |
| Accès au marché de l’éthanol | Absence de réciprocité dans les tarifs appliqués à l’éthanol américain. | Tension dans un secteur où le Brésil est leader technologique mondial. |
| Anti-corruption | L’absence d’une application rigoureuse nuirait aux entreprises américaines opérant sur place. | Pression sur les institutions judiciaires et le climat des affaires. |
Cette pression a eu des effets immédiats : les exportations brésiliennes vers les États-Unis ont chuté de 6357 % en 2025, tombant à 37,72 milliards de dollars. Des secteurs comme l’acier et les produits semi-finis, cruciaux pour la chaîne d’approvisionnement industrielle américaine, se trouvent maintenant dans une position stratégique incertaine.
La Chine : Partenaire et risque systémique
En réponse à l’hostilité de Washington, le Brésil a approfondi ses liens avec Pékin. La Chine reste le principal acheteur d’agribusiness brésilien, avec 55,3 milliards de dollars d’importations en 2025 (+11 %). Les entreprises d’État chinoises (SOE) investissent massivement dans les infrastructures brésiliennes pour garantir la sécurité alimentaire de la République Populaire.
Cependant, cette dépendance crée des risques significatifs. Le Brésil se trouve à exporter des matières premières et à importer des biens transformés de la Chine, perpétuant une structure commerciale coloniale. Il existe également un risque de monopolisation du marché : si la demande chinoise devait diminuer ou si Pékin change ses politiques agricoles, l’économie brésilienne subirait un choc systémique dévastateur.
La croissance des plantations de soja guidée par la demande chinoise a entraîné une expansion des terres cultivées en Amazonie (de 1,6 à 7,28 millions d’hectares entre 2007 et 2022), augmentant les tensions environnementales et le risque de sanctions internationales.
Analyse de la stratégie diplomatique du sommet BRICS de Rio en 2025
Les années 2024 et 2025 ont été cruciales pour la projection diplomatique du Brésil, qui visait à tirer parti des sommets du G20 et des BRICS pour promouvoir une réforme de la gouvernance mondiale. Le 17e sommet des BRICS, tenu à Rio de Janeiro en 2025, a été caractérisé par un discours pragmatique de résistance. Le président Lula a dénoncé le « collapsus du multilatéralisme » et les pressions exercées par les grandes puissances, positionnant les BRICS comme successeurs du Mouvement des Pays Non Alignés.
Mécanisme de garantie multilatérale : incubé au sein de la Nouvelle Banque de Développement (NBD), ce mécanisme vise à faciliter les investissements infrastructuraux dans le Sud du monde en réduisant le risque politique. Cette initiative souligne l’approche stratégique du Brésil visant à diversifier son portefeuille d’investissement et à réduire la dépendance aux institutions financières occidentales.
Utilisation des devises locales : évitant le terme « dé-dollarisation » pour prévenir des réactions extrêmes, le sommet a formalisé un usage accru des devises nationales dans les échanges réciproques. Cette démarche reflète une transition progressive vers une plus grande souveraineté économique et une exposition réduite à la volatilité du dollar américain.
Réforme du FMI et de la Banque mondiale : une revue des critères d’attribution de la direction et des quotas de vote a été demandée pour refléter mieux le poids croissant des économies émergentes. Cette réorientation stratégique vise à garantir que le Brésil et les autres membres du BRICS aient une influence plus grande sur les institutions financières mondiales, en ligne avec leur contribution économique.
La stratégie du Brésil était de rendre le BRICS une coalition « non occidentale » plutôt que « anti-occidental ». Cette approche vise à maintenir des canaux de dialogue ouverts avec l’Europe et les États-Unis sur des questions telles que le changement climatique, tout en collaborant étroitement avec la Chine sur le développement économique. En équilibrant ces relations, le Brésil vise à s’extraire des complexités géopolitiques, renforçant son influence dans les négociations mondiales.
Mesure de l’efficacité de la Nouvelle Industrie Brésilienne (NIB) pour remédier au piège primaire du Brésil
l’implémentationion du plan NIB lancé en 2024 vise à contrer les risques structurels liés à la dé-industrialisation et aux pressions géopolitiques par le biais de six missions stratégiques qui nécessitent des investissements pour plus de 300 milliards de réais jusqu’en 2026.
Cibles stratégiques du NIB (Mission 5 – Décroissance carbone)
Mesure la réduction de l’intensité des émissions de gaz à effet de serre de l’industrie nationale, avec un objectif de 10 % d’ici 2026 et de 30 % d’ici 2033. Cet objectif est fondamental pour améliorer la compétitivité à long terme et atténuer les risques environnementaux.
Cibles stratégiques du NIB (Mission 6 – Défense et souveraineté technologique)
- Mesure l’augmentation de l’autonomie technologique dans le secteur défense, avec un objectif d’atteindre 55 % en 2026 et 75 % en 2033.
- Objectif de digitalisation des entreprises : atteindre une adoption digitale de 90 % dans l’industrie, avec un objectif de 80 % pour 2026. Cela contribuera à améliorer la productivité et la compétitivité du secteur.
- Mécanisation agricole familiale : objectif d’atteindre une mécanisation de 70 % en 2026, pour soutenir l’agriculture brésilienne dans un contexte de mondialisation croissante et de concurrence.
- Autonomie dans la production vaccinale : objectif d’atteindre une part de 70 % dans le secteur pharmaceutique en 2026, pour garantir la souveraineté sanitaire nationale.
| Objectif NIB (Mission 6) | Situation actuelle (2025) | Cible 2026 | Cible 2033 |
| Autonomie technologique défense | 42,7% | 55% | 75% |
| Digitalisation entreprises | na | 90% | na |
| Mécanisation agricole familiale | na | 70% | na |
| Autonomie production vaccins | na | 70% | na |
Le NIB a montré les premiers signes de succès en 2025, avec une croissance de 3,1 % dans la production industrielle et un record d’exportations manufacturières de 188,68 milliards de dollars. Cependant, la qualité des exportations reste en question : une grande partie de la croissance est guidée par des secteurs adjacents aux matières premières, tels que la pulpe de cellulose et les viandes transformées, tandis que l’industrie à haute complexité technologique reste dans une phase embryonnaire.
Dilemme du Cerrado et de l’Amazonie : Risques environnementaux et commerciaux dans l’agribusiness brésilien
l’expansion de l’agribusiness brésilien en 2025 a soulevé des préoccupations graves concernant la durabilité environnementale, qui maintenant se mêlent aux risques commerciaux. La demande record de soja par la Chine a augmenté le risque de déforestation, surtout dans le Cerrado, un biome moins protégé que l’Amazonie mais vital pour la sécurité hydrique du pays.
Le Brésil s’est engagé à mettre fin à la déforestation d’ici 2030, obtenant des succès significatifs en Amazonie, mais la destruction de la végétation naturelle dans le Cerrado reste aux niveaux les plus élevés historiques à cause de la conversion en plantations de soja. Les données indiquent que la déforestation liée au commerce de soja avec la Chine en 2018 était supérieure de 42 % par rapport à 2022, et la tendance de 2025 suggère un retour vers ces pics en raison des tensions USA-Chine qui poussent la demande mondiale vers le Brésil.
De plus, le secteur est menacé par les changements climatiques qu’il contribue à alimenter. La variabilité des précipitations et la pression des parasites affectent les rendements, rendant l’adoption de biotechnologies et d’IA non seulement une question économique, mais une nécessité pour la survie. La réputation internationale du Brésil en tant que puissance verte est fondamentale pour éviter que des enquêtes comme la Section 301 américaine ou les réglementations européennes (EUDR) ne deviennent des blocs définitifs aux exportations.
Contraintes financières et externes dans l’économie primaire du Brésil
l’analyse de la dissonance structurelle au Brésil met en évidence que la dépendance excessive au secteur primaire, caractérisée par une abondance de ressources et l’efficacité de l’agribusiness, a créé un sentiment de sécurité qui retarde les réformes nécessaires pour surmonter le « Custo Brasil » et la stagnation industrielle. L’économie brésilienne enregistre des exportations records de matières premières, mais face à ce succès, le PIB croît modérément et fait face à une inflation chronique qui pénalise les investissements industriels.
Contraintes financières et externes
l’exportation primaire réussie apprécie la devise ou nécessite des taux Selic élevés pour prévenir les fuites de capitaux, pénalisant systématiquement l’industrie. Ce cercle vicieux ne peut être rompu que par une politique industrielle (NIB) qui ne se limite pas à protéger les secteurs existants mais favorise l’intégration internationale et la participation aux chaînes globales de valeur.
Défi de la multi-alignment géopolitique
dans le domaine géopolitique, la stratégie de « Contain and Engage » proposée par divers analystes suggère que le Brésil doit maintenir sa fermeté contre les interférences politiques (comme celles subies par la magistrature) tout en restant ouvert au négociation commerciale avec les États-Unis. Simultanément, il doit gérer sa dépendance à la Chine en transformant le rapport de « fournisseur de matières premières » à « partenaire technologique et industriel ». La résilience du Brésil en 2026 dépendra de sa capacité à coordonner ces efforts :
- Macroeconomie : Réduire le taux Selic au fur et à mesure que l’inflation se stabilise, libérant des ressources pour l’économie réelle.
- Industrie : Mettre en œuvre les missions du NIB avec un focus sur la digitalisation et la transition verte, secteurs dans lesquels le Brésil jouit d’un avantage comparatif énergétique (88 % de renouvelables dans le mix électrique).
- Géopolitique : Soutenir la leadership au Sud Global pour promouvoir des normes multilatérales pour la souveraineté digitale et la transition écologique, évitant de devenir un satellite d’une des deux superpuissances.
Le Brésil en 2026 se trouve donc à une croisée des chemins : consolider sa position de « ferme du monde » à haut contenu technologique mais faible complexité économique, ou entreprendre la difficile route de la néo-industrialisation qui pourrait finalement recoudre le fossé entre l’effervescence des campagnes et la stagnation des villes. La compétition USA-Chine, bien qu’étant une source d’instabilité, offre au Brésil la levier nécessaire pour négocier son ascension, à condition que la politique interne sache surmonter les inefficacités structurelles qui ont freiné le potentiel national pendant des décennies.
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