L’année 2050 approche à grands pas, comme une limite physique : ce n’est plus un horizon temporel, mais un point de bascule. À ce moment-là, les politiques climatiques mises en œuvre aujourd’hui pourraient réduire les émissions de gaz à effet de serre de plus de 50 %, mais au prix d’une augmentation du risque de famine mondiale de 17 %, selon un modèle agro-économique récent. Ce chiffre n’est pas qu’un simple scénario, mais un paramètre critique qui impose une remise en question de l’équilibre des intrants et des extrants dans les systèmes alimentaires. Le problème n’est pas un manque de volonté, mais la présence d’un effet secondaire imprévu : la réduction de l’ozone troposphérique, un polluant qui endommage les cultures, pourrait compenser partiellement les effets négatifs de l’atténuation du changement climatique.
Par conséquent, le système alimentaire ne peut plus être conçu comme un ensemble de processus isolés. La tension entre la durabilité environnementale et la sécurité alimentaire s’est transformée en une contrainte physique. Le chiffre le plus spécifique et le plus détaillé parmi les sources est la réduction de 15 % du risque de famine mondiale grâce à la diminution de l’ozone, une valeur qui ne peut être ignorée. Ce n’est pas un chiffre marginal : c’est un indicateur d’une dynamique systémique qui échappe aux modèles traditionnels. Le problème n’est plus de savoir s’il faut agir sur le climat, mais comment le faire sans créer de nouveaux goulots d’étranglement.
Le dilemme de conception de 2050 : lorsque l’atténuation du changement climatique menace la sécurité alimentaire
La réduction de l’ozone troposphérique n’est pas un événement isolé, mais un effet direct des politiques d’atténuation du changement climatique qui réduisent les émissions de précurseurs tels que les NOx et les COV. Ces polluants, lorsqu’ils réagissent en présence de lumière solaire, produisent de l’ozone, un gaz qui endommage les plantes et réduit le rendement des cultures. L’effet est mesurable : des études indiquent que l’ozone peut réduire la production de blé jusqu’à 10 % et celle du maïs jusqu’à 15 % dans des conditions d’exposition chronique. Lorsque des politiques sont mises en œuvre pour réduire ces émissions, un avantage direct est apporté à la productivité agricole.
Cela implique que l’atténuation du changement climatique n’est pas seulement une intervention environnementale, mais une intervention agronomique. Le chiffre de 15 % de réduction du risque de famine mondiale en 2050 n’est pas une hypothèse, mais un résultat calculé à partir de six modèles agro-économiques différents, qui intègrent l’effet de l’ozone. En d’autres termes, l’atténuation du changement climatique ne produit pas seulement un avantage climatique, mais un avantage direct sur la capacité de charge du système agricole. Le chiffre de 56 % de réduction du risque attribué à l’Afrique subsaharienne et à l’Inde révèle une distribution non aléatoire : ces régions, où le risque de famine est le plus élevé, sont également celles qui sont les plus sensibles aux effets de l’ozone.
Le noyau technique : l’ozone comme facteur de bilan écologique
Le point d’application immédiat est dans la conception des politiques d’atténuation. Jusqu’à présent, les modèles d’évaluation ont ignoré l’effet de l’ozone, le considérant comme un facteur de pollution à éliminer, et non comme un facteur de productivité à valoriser. C’est une erreur de conception : l’ozone n’est pas un problème en soi, mais un indicateur d’un système de flux qui peut être optimisé. La levier n’est pas son élimination, mais sa gestion comme paramètre de bilan.
Par exemple, un investissement dans des technologies de réduction des émissions de NOx dans des zones agricoles sensibles à l’ozone pourrait non seulement réduire l’ozone, mais également augmenter le rendement des cultures. Cela implique un changement de paradigme : on ne conçoit pas pour éliminer un polluant, mais pour optimiser un gradient de production. Le chiffre de 15 % de réduction du risque de famine mondiale n’est pas un résultat secondaire, mais un objectif primordial à inclure dans les plans d’atténuation. Le système ne doit pas choisir entre le climat et la nourriture : il doit concevoir un système dans lequel les deux objectifs se renforcent.
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